Dans les Hauts-de-France, le réemploi dans le bâtiment s’organise autour de besoins très concrets : mieux repérer les matériaux disponibles, faciliter leur stockage et lever les freins techniques à leur remise en œuvre. Portée par le Booster du Réemploi, cette initiative locale a lancé en 2025 deux groupes de travail consacrés aux briques et à la logistique circulaire. Une dynamique collective qui relie économie circulaire, transition écologique et pratiques de construction plus sobres.
L’article en bref
Dans les Hauts-de-France, des acteurs du bâtiment travaillent ensemble pour faire passer le réemploi de l’expérimentation à des solutions plus faciles à déployer. Deux chantiers structurent cette démarche : la logistique et la valorisation des briques.
- Une dynamique régionale : Le Booster réunit maîtres d’ouvrage et partenaires autour d’actions concrètes.
- Un enjeu logistique : Stockage et visibilité des matériaux doivent rapprocher offre et demande.
- La brique en ligne de mire : Les groupes de travail cherchent à lever les freins techniques et économiques.
- Une identité à faire connaître : Un logo cohérent peut rendre la démarche plus lisible auprès des acteurs.
La portée de cette initiative se mesurera à sa capacité à transformer les échanges en pratiques durables sur les chantiers.
Booster du réemploi dans les Hauts-de-France : une initiative collective
Lancée à l’échelle régionale pour accélérer l’intégration de matériaux de réemploi dans les opérations immobilières, la démarche est animée par le CD2E et A4MT, avec le soutien de l’URH Hauts-de-France. Elle s’adresse notamment aux maîtres d’ouvrage, aux équipes de maîtrise d’œuvre et aux acteurs qui souhaitent mieux anticiper les ressources disponibles avant un chantier.
En avril 2025, le lancement des groupes de travail s’est tenu sur le territoire de la Métropole européenne de Lille, à Roubaix, sur le site de TISSEL. Plus de 50 participants ont échangé autour du potentiel de réemploi et des conditions nécessaires pour le développer. La rencontre a aussi rappelé que la transition écologique du bâtiment dépend de coopérations locales autant que de solutions techniques.
De la sensibilisation à l’action sur les chantiers
Les échanges ont mis en avant une idée simple : le réemploi progresse lorsque les acteurs savent identifier les matériaux, anticiper leur disponibilité et prévoir leur seconde vie dès la conception d’un projet. Une brique récupérée ne devient pas automatiquement une ressource utile ; il faut pouvoir la déposer, la contrôler, la stocker et la réintégrer dans de bonnes conditions.
La visite de la plateforme LE PARPAING, avec l’appui de ZERM, a donné une illustration concrète de cette chaîne d’opérations. Pour une commune qui rénove un bâtiment, par exemple, organiser le diagnostic et le tri assez tôt peut ouvrir des possibilités de réutilisation que la démolition précipitée ferait disparaître. Un diagnostic avant démolition portant sur l’amiante et le plomb fait partie des points de vigilance à intégrer en amont, selon le contexte du bâtiment.
Logistique circulaire : mieux connecter les matériaux et les besoins
Le premier groupe de travail consacré à la logistique circulaire s’est réuni le 12 juin 2025 et a rassemblé 16 participants. Les échanges ont fait ressortir un frein central : l’offre de matériaux récupérables et la demande des chantiers restent parfois difficiles à mettre en relation, sur le terrain comme en ligne.
La question ne se limite donc pas au transport. Les professionnels ont besoin de lieux de stockage adaptés, mais aussi d’informations fiables sur les quantités, l’état et la disponibilité des matériaux. Sans ces repères, un maître d’ouvrage peut renoncer à une ressource pourtant pertinente, simplement parce qu’il ne sait pas où la trouver au bon moment.
Des leviers à construire ensemble
Le groupe a engagé un état des lieux local et partagé des retours d’expérience afin d’identifier les obstacles, les opportunités et les solutions applicables dans la région. Une plateforme de stocks peut aider à rendre l’offre visible, tandis que des espaces de stockage mutualisés peuvent éviter que des matériaux utiles soient perdus faute de place.
Pour une entreprise de rénovation, savoir plusieurs semaines à l’avance qu’un lot de portes ou de briques est disponible peut changer l’organisation d’un chantier. La logistique devient alors un outil de planification : elle sécurise les délais et donne davantage de chances à la réutilisation de remplacer l’achat systématique de matériaux neufs.
- Repérer les ressources : recenser les matériaux disponibles et préciser leur état.
- Anticiper les besoins : partager les calendriers prévisionnels des opérations immobilières.
- Organiser le stockage : identifier des lieux accessibles et adaptés aux matériaux.
- Fluidifier les échanges : faciliter le contact entre détenteurs de ressources et futurs utilisateurs.
En rapprochant les calendriers, les lieux et les informations, la logistique donne au réemploi une chance de devenir une pratique régulière plutôt qu’une occasion isolée.
Réemploi des briques : un potentiel ancré dans le patrimoine régional
Le groupe dédié aux briques a également débuté le 12 juin 2025, avec 14 participants mobilisés pour partager leurs expériences et contribuer à une feuille de route collective. Le sujet est particulièrement pertinent dans les Hauts-de-France : près de la moitié des logements déjà bâtis dans la région sont construits en briques, contre environ un tiers du parc à l’échelle nationale, selon les données présentées par le Booster.
Ce patrimoine constitue une ressource importante, mais son réemploi doit répondre à plusieurs exigences. Dépose, tri, nettoyage, contrôle, transport et remise en œuvre peuvent représenter des coûts ou des contraintes techniques qu’il faut évaluer tôt dans le projet. Passer à une plus grande échelle suppose donc de partager des méthodes et de mieux anticiper les besoins des chantiers.
Préparer le réemploi dès le diagnostic
Imaginons une équipe qui doit rénover un bâtiment en briques : si elle repère les matériaux réutilisables avant la phase de déconstruction, elle peut étudier leur potentiel et organiser leur conservation. Cette anticipation aide à limiter les pertes et à comparer les options, sans présumer que chaque lot pourra être remis en œuvre tel quel.
Le repérage des matériaux et des risques présents dans le bâtiment fait partie des étapes à examiner avant les travaux. Pour approfondir ce point, la ressource consacrée au repérage de l’amiante et du plomb avant démolition permet de situer les enjeux de sécurité liés à la préparation d’une opération.
| Groupe de travail | Constat partagé | Objectif opérationnel |
|---|---|---|
| Logistique circulaire | Offre, demande et stockage restent difficiles à coordonner. | Faciliter la mise en relation et la disponibilité des ressources. |
| Réemploi de briques | Un gisement régional important, avec des contraintes à lever. | Construire une feuille de route pour élargir les pratiques. |
La feuille de route collective vise à transformer l’intérêt pour la brique en méthodes concrètes, adaptées aux réalités des chantiers régionaux.
Un logo pour rendre visible la démarche de réemploi
Un logo ne remplace ni une plateforme de matériaux ni une organisation logistique, mais il peut aider à rendre une démarche identifiable. Utilisé de façon cohérente sur les supports d’information, les événements et les ressources partagées, il contribue à faire reconnaître le Booster et à relier ses différents groupes de travail.
Cette visibilité compte pour mobiliser de nouveaux partenaires, notamment les maîtres d’ouvrage et les bailleurs sociaux. Elle permet aussi de distinguer clairement la démarche de réemploi d’actions proches, comme le recyclage, qui transforme la matière, ou la seconde main, souvent associée aux biens de consommation. Dans le bâtiment, réutiliser un matériau consiste à lui donner une nouvelle fonction sans le transformer en matière première.
Faire connaître l’économie circulaire au-delà des spécialistes
Une communication claire peut expliquer simplement ce que recouvre le réemploi et comment les acteurs peuvent y contribuer. Elle met en évidence le lien entre consommation responsable, préservation des ressources et évolution des pratiques professionnelles, sans réduire l’économie circulaire à un symbole graphique.
La présence du Booster lors de rencontres régionales, notamment à Amiens autour des enjeux de réemploi et de recyclage, participe à cette diffusion. Le logo a alors une fonction pratique : guider le public vers une démarche, des ressources et des acteurs engagés, tandis que les résultats concrets restent le meilleur moyen d’installer la confiance.
Questions pratiques sur le Booster du Réemploi en Hauts-de-France
Quel est le rôle du Booster du Réemploi ?
Le programme accompagne les donneurs d’ordre et les acteurs du bâtiment pour mieux intégrer des matériaux de réemploi dans les projets immobiliers. Dans les Hauts-de-France, il est animé par le CD2E et A4MT, avec le soutien de l’URH.
Pourquoi créer un groupe de travail sur la logistique ?
Les matériaux récupérables doivent pouvoir être repérés, stockés et rapprochés des besoins des chantiers. Le groupe cherche à identifier des solutions locales pour améliorer ces étapes et faciliter la mise en relation de l’offre et de la demande.
Quels sont les principaux freins au réemploi des briques ?
Les contraintes peuvent être techniques, logistiques et économiques. La dépose, le tri, le contrôle, le stockage et la remise en œuvre doivent être anticipés pour évaluer la faisabilité d’un projet.
Quelle différence entre réemploi et recyclage ?
Le réemploi consiste à utiliser de nouveau un matériau ou un objet sans le transformer en matière première. Le recyclage transforme la matière afin de la réintroduire dans un processus de fabrication.
Je suis Julien Marchal, rédacteur spécialisé emploi, formation et carrière. Après dix ans à accompagner des candidats et des reconvertis, j’écris des guides concrets pour aider chacun à trouver un emploi, choisir la bonne formation et faire avancer son projet professionnel. Je vais droit au but : des méthodes, des modèles et des sources fiables.





